IDENTIFICATION

 

13 septembre 2007

Les vols des labbes

Par Renaud Pintiaux

Photo Labbe parasite : Antonin Bénard
Photo Labbe pomarin : Renaud Pintiaux

Nous savons bien qu’il n’est pas toujours aisé de différencier le Labbe parasite du Labbe pomarin, ou le Labbe parasite du Labbe à longue queue. Les photos ont beau être bonnes, il faut toujours être très vigilant. Le guide « skuas and jaegers » de Olsen et Larsson est un outil important pour comparer les différents plumages, les différentes formes (superbes planches et photos pertinentes…). Pourtant il me semble que le guide des «oiseaux de mer» de Peter Harrison est un outil tout aussi important et même essentiel car il nous indique clairement et judicieusement ce qu’il faut regarder avant tout sur le terrain pour différencier ces espèces. Le vol de l’oiseau est alors l’élément clé. Nos observations sur le terrain ont confirmé les textes de Peter Harrison qui résument à merveille les caractéristiques de ces différents vols. Ensuite, sur le terrain, il est alors difficile de se tromper quant à l’identification :

Labbe parasite : « non sans rappeler un faucon, il vole de façon résolue et à toute vitesse, à coups d’aile saccadés interrompus de glissés bas peu importe la force du vent… ». Merveilleuse description et c’est exactement ce vol que nous voyons dès que nous avons affaire à un Labbe parasite!

Labbe à longue queue : « dans des conditions normales, il a le vol gracieux et élastique, distinctement léger comme celui d’une sterne; il n’a donc pas les coups d’aile francs du faucon ni le vol direct et volontaire du Labbe parasite ». C’était la première chose que nous avons constaté, ce vol de sterne quand nous avons vu le Labbe à longue queue adulte en 2006 et l’autre adulte il y a quelques jours (accompagné par un jeune qui avait lui aussi ce même vol).

Labbe pomarin : « en temps normal, le battements d’ailes, plus lent, plus volontaire et plus régulier que chez le Labbe parasite, allié aux ailes larges ainsi qu’à la poitrine bombée, qu’accentue souvent la bande pectorale plus forte et plus distincte, permet de l’identifier assez rapidement (si on a l’expérience préalable des deux)… » Le Labbe pomarin juvénile observé y a quelques jours avait ce vol très lourd. Vol bien différent de celui du parasite, croyez-moi!

Bref, pour nous, sur le terrain, observer le vol d’un Labbe nous indique déjà énormément à quelle espèce nous avons affaire… Ensuite, après cette étude du vol, on va rechercher d’autres caractéristiques pour compléter nos identifications, pour confirmer nos premières impressions engendrées par l’observation de ces vols…